Le harcèlement et le cyberharcèlement sont des problématiques croissantes en Belgique, touchant particulièrement les jeunes. Avec l’expansion des réseaux sociaux et des technologies de communication, les formes de harcèlement se sont diversifiées et intensifiées.
Cadre légal du harcèlement et du cyberharcèlement en Belgique
En Belgique, le harcèlement est défini par l’article 442bis du Code pénal comme « tout comportement répété ayant pour but ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne en la plaçant dans une situation intimidante, hostile, humiliante ou offensante ».
Le cyberharcèlement, bien qu’il ne fasse pas l’objet d’un article spécifique dans le Code pénal, est un type de harcèlement tel que défini ci-dessus à la différence qu’il se produit en ligne.
Plusieurs tendances de cyberharcèlement ont été observées ces dernières années. En voici quelques exemples :
- Revenge porn : la divulgation de photos ou vidéos à caractère intime sans le consentement de la personne concernée par vengeance après une rupture ou par simple jeu.
- Happy slapping : filmer et diffuser une scène d’agression physique. Il peut s’agir d’une simple bousculade, d’une gifle ou de violences plus fortes commises par plusieurs agresseurs.
- Mobbing : harcèlement organisé par un groupe contre une seule personne. Dans le cadre des réseaux sociaux, de vastes groupes de jeunes se déchaînent ainsi en groupe sans même que la majorité des participants ne connaisse la victime.
- Slut shaming : exercé contre les filles, ce harcèlement consiste à dénigrer l’apparence, la façon de s’habiller, le maquillage, les attitudes, voire les comportements amoureux ou sexuels de celles qui ne se conforment pas aux normes d’un groupe.
- Cyberstalking : traquer une personne de manière obsessionnelle sur tous les réseaux, y compris en laissant des indices de son passage sous forme de commentaires, ce qui provoque une sensation d’envahissement de la vie privée.
- Flaming : envoyer un message ou, plus souvent, une salve de messages violents et insultants en ligne à une personne ou à un groupe de personnes en s’en prenant à leur intégrité physique ou psychique, y compris parfois avec des incitations au suicide.
- Deepfake : Technique de manipulation basée sur l’intelligence artificielle permettant notamment d’incruster des visages dans des vidéos déjà existantes, en particulier à caractère pornographique.
- Etc.

Comment prévenir le harcèlement, y compris en ligne, chez les mineurs ?
La prévention du harcèlement et du cyberharcèlement chez les jeunes repose sur plusieurs actions combinées impliquant plusieurs acteurs dont les Maisons de Jeunes. Voici des exemples de mesures de prévention à mettre en place au sein de votre MJ :
- Sensibilisation active : impliquer les jeunes à travers des activités concrètes comme des ateliers thématiques et débats participatifs, des jeux de rôle et mises en situation, des projections de films et documentaires ou encore la création de supports de sensibilisation par vos jeunes (affiches, vidéos,fanzines,podcasts etc.).
- Favoriser un climat de respect et d’inclusion : mettre en place des actions durables au sein du groupe comme l’élaboration collective d’une charte de bonne conduite, valorisation de l’entraide et de la solidarité avec la mise en place d’un système de jeunes référents formés à l’identification et à la prévention du harcèlement, etc.
- Éducation aux médias et citoyenneté numérique : accompagner les jeunes dans leur usage des réseaux sociaux en les sensibilisant aux bonnes pratiques en ligne et en décryptant des mécanismes de cyberharcèlement.
- Réagir efficacement en cas de situation de harcèlement : renforcer les compétences des animateurs et animatrices en les formant à repérer les signes de harcèlement et en mettant en place un dispositif d’écoute et de signalement sécurisé, etc.
- Médiation et responsabilisation : encourager le dialogue pour prévenir l’escalade des conflits en organisant des séances de médiation entre jeunes ou des rencontres avec des victimes pour prendre conscience des impacts du harcèlement.
En encourageant la participation active des jeunes à la prévention et en instaurant un climat de confiance, les Maisons de Jeunes peuvent devenir des lieux sécurisants et éducatifs, favorisant le respect mutuel et une utilisation responsable du numérique.
Que faire si un jeune est harcelé ?
Si vous pensez qu’un jeune est victime de harcèlement ou de cyberharcèlement, il est essentiel d’agir rapidement et avec bienveillance. Voici quelques conseils :
- Engager la discussion avec le jeune dans la bienveillance, sans minimiser la situation ;
- L’accompagner dans ses démarches (alerter ses parents, l’école, bloquer et signaler les auteurs en ligne, proposer l’aide d’un professionnel si besoin, contacter un service spécialisé comme SOS Enfants, Child Focus ou encore une AMO, proposer de porter plainte, etc.).
- Assurer un suivi et être attentif à tout signe de détresse.
- En cas de détresse grave, contacter des services d’aide : Télé-Accueil (107), Centre de prévention du suicide (0800 32 123), ou un professionnel de santé

Conclusion
En conclusion, le harcèlement et le cyberharcèlement constituent des enjeux majeurs en Belgique, nécessitant une mobilisation collective. Grâce à une sensibilisation accrue, une éducation au numérique et une réaction rapide face aux situations de harcèlement, les Maisons de Jeunes et les autres acteurs de terrain peuvent jouer un rôle clé dans la prévention et l’accompagnement des victimes. En favorisant un climat de respect et d’inclusion, ainsi qu’en encourageant le dialogue et la médiation, il est possible de lutter efficacement contre ces phénomènes et de protéger les jeunes dans leur environnement quotidien, tant physique que numérique.