« Comment peux-tu être de gauche et pousser les jeunes à entreprendre ? Être entrepreneur, c’est être de droite… »
J’ai réellement entendu cette phrase il y a une dizaine d’années. Et ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement la radicalité du propos, mais aussi le fait qu’il ait été prononcé sans malveillance, comme une évidence, une réflexion sincère qui méritait d’être débattue.
Car au fond, cette pensée n’est-elle pas largement partagée ?
Depuis toujours, la politique divise, mais cette tendance s’est encore accentuée ces dernières années. On veut enfermer les gens dans des cases :
👉 Si tu entreprends, tu es de droite.
👉 Si tu défends une cause sociale, tu es de gauche.
👉 Si tu critiques un système, tu es populiste.
👉 Si tu changes d’avis, tu es opportuniste.
Mais doit-on vraiment toujours être quelque chose ? Et imaginons même… que nous ayons le droit de nous tromper, de questionner nos certitudes, de réajuster notre vision du monde ?
Entreprendre, ce n’est pas être de droite ou de gauche, c’est agir
Revenons à la question initiale : pousser les jeunes à entreprendre, est-ce faire une politique de droite ?
Non, absolument pas.
Ce qui différencie la gauche de la droite, à mes yeux, c’est la solidarité. L’entraide, la volonté de bâtir ensemble, de ne laisser personne sur le bord du chemin. Je me suis toujours senti l’âme d’un entrepreneur, et je refuse de tomber dans la nouvelle sémantique de « l’entrepreneur social », comme si entreprendre tout court n’était pas légitime.
Entreprendre, c’est entreprendre. C’est avoir une idée, la tester, la développer, parfois la réussir, parfois la rater. Mais imaginons un instant que je trouve demain le projet qui me rendra riche :
✔ Je ne refuserai pas l’argent.
✔ Mais je paierai mes impôts avec plaisir, parce que c’est ça aussi une vision de gauche.
Trop longtemps, la gauche a délaissé l’entrepreneuriat, sous prétexte que… quoi, exactement ?
Les récents discours assimilant l’idée de « patron » à quelque chose de mal n’ont pas aidé. Pourtant, être de gauche, c’est aussi comprendre que chacun, quel que soit son parcours, mérite d’être soutenu et encouragé. Y compris celles et ceux qui entreprennent.
L’entrepreneuriat en maison de jeunes : apprendre, oser, se tromper… et recommencer
Dans les maisons de jeunes, nous poussons les jeunes à entreprendre avec une conviction forte : l’échec est un droit.
Échouer n’est pas une fin en soi, c’est une étape, un apprentissage. Bien sûr, il ne s’agit pas d’échouer à tout prix, mais de comprendre que se tromper ne doit pas être une fatalité.
Dans la culture anglo-saxonne, l’échec est accepté, parfois même valorisé. On considère qu’une personne qui a tenté, raté et recommencé a acquis une expérience précieuse. Et pourtant, ces pays ne sont pas des modèles de pensée de gauche…
C’est aussi ça, la vision des maisons de jeunes :
✅ On peut entreprendre.
✅ On peut oser.
✅ On peut se planter.
✅ Et surtout, on ne sera pas jugé.
Entreprendre, c’est aussi créer un projet culturel, un projet sportif, une association
L’entrepreneuriat, ce n’est pas forcément créer une entreprise privée, chercher à éluder l’impôt ou exploiter ses employés.
C’est aussi :
🎭 Monter un projet culturel
⚽ Lancer une initiative sportive
🤝 Fonder une association
🚀 Devenir indépendant et créer son propre emploi
C’est s’émanciper, prendre son avenir en main, gérer une équipe, porter une vision, faire vivre une idée. Bref, entreprendre, c’est vivre.
La gauche doit se réapproprier ces sujets.
L’entrepreneuriat n’appartient à aucun camp politique. C’est un outil d’émancipation, d’action et d’impact.
Nous, chez FOr’J, nous osons. Nous tentons. Nous nous trompons. Nous recommençons.
Bref, nous entreprenons, nous poussons les jeunes à le faire… et nous sommes de gauche.
Thomas Parmentier
Directeur de FOr’J