L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans notre quotidien, transformant nos habitudes et nos interactions. Face à cette avancée, une question revient souvent : quid de son utilisation auprès des jeunes ? À quel âge peut-on commencer à l’utiliser et dans quelles conditions ? Dans cet article, nous explorons ces interrogations et nous vous apportons des réponses claires et accessibles.
Un cadre législatif européen pour encadrer l’IA
L’Union européenne a mis en place un cadre législatif pour réguler l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et protéger les données personnelles, notamment celles des mineurs. Entre le Règlement sur l’Intelligence Artificielle (AI Act) et le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), plusieurs dispositifs permettent d’encadrer l’accès des jeunes aux technologies IA.
Le Règlement sur l’Intelligence Artificielle (AI Act)
Entré en vigueur le 1er août 2024, l’AI Act vise à encadrer le développement et l’utilisation des systèmes d’IA au sein de l’Union européenne en garantissant le respect des droits fondamentaux.
IA et Accès des Mineurs
L’AI Act n’impose pas d’âge minimum pour l’utilisation de l’IA par les mineurs. Cependant, il interdit les systèmes exploitant leurs vulnérabilités pour manipuler leur comportement de manière préjudiciable. C’est aux fournisseurs d’applications IA ainsi qu’aux adultes encadrant les mineurs de veiller à ce que l’utilisation de l’IA par ces derniers soit responsable, sûre et respectueuse de leurs droits. D’ailleurs, les grandes entreprises proposant des plateformes IA de type généraliste suivent les recommandations de l’UNESCO et limitent l’accès à des personnes de plus de 13 ans.
Catégories de Systèmes d’IA
L’UE classe les systèmes d’IA en trois niveaux de risque :
- IA à risque limité : ex. ChatGPT, soumis à des obligations de transparence.
- IA à haut risque : les systèmes d’IA utilisés dans les produits relevant de la législation de l’UE sur la sécurité des produits et les systèmes d’IA relevant de domaines spécifiques qui devront être enregistrés dans une base de données de l’UE (ex. gestion des infrastructures critiques, éducation, forces de l’ordre, etc.).
- IA interdites : ex. manipulation cognitivo-comportementale de personnes ou de groupes vulnérables, score social, catégorisation et identification biométriques des personnes, etc.
Protection des Données Personnelles des Mineurs (RGPD)
Le RGPD impose un cadre strict sur la collecte et le traitement des données personnelles, avec une attention particulière pour les mineurs considérés comme vulnérables.
Consentement et Accès aux Services Numériques
Le RGPD fixe l’âge minimum pour consentir seul au traitement des données personnelles à 16 ans, mais chaque État membre de l’UE peut abaisser cette limite à 13 ans. En Belgique, l’âge minimum est fixé à 13 ans. Ainsi, en Belgique, les mineurs âgés de 13 ans ou plus peuvent consentir eux-mêmes au traitement de leurs données personnelles dans le cadre de services de la société de l’information. Pour les enfants de moins de 13 ans, le consentement doit être donné ou autorisé par le tuteur légal.

Conseils pratiques pour une utilisation responsable de l’IA en Maisons de Jeunes
Les Maisons de Jeunes, écoles et structures éducatives doivent s’assurer que l’IA utilisée respecte ces règles. Un chatbot ou un générateur d’images peut être un excellent outil pédagogique, à condition de ne pas collecter des données sensibles ni manipuler les comportements des jeunes.
Des adresses mail sécurisées pour limiter la collecte de données
De nombreuses applications basées sur l’IA demandent la création d’un compte. Or, en dessous de 13 ans, les jeunes ne peuvent pas consentir seuls à l’exploitation de leurs données. Pour contourner cet écueil, plusieurs solutions existent :
- Créer des adresses mail collectives sous la supervision des animateurs.
- Utiliser des comptes invités ou des plateformes éducatives qui ne stockent pas de données personnelles.
- Expliquer aux jeunes leurs droits en matière de protection des données, pour qu’ils adoptent les bons réflexes dès le plus jeune âge.
Un équilibre entre activités branchées et débranchées
L’IA peut être un formidable outil d’apprentissage, mais elle ne doit pas remplacer l’interaction humaine. Pour une utilisation équilibrée, il est recommandé d’alterner entre :
🔹 Des activités branchées, comme des outils gratuits et open source qui expliquent aux jeunes ce qu’est une IA et comment ça fonctionne. Si vous avez envie d’utiliser des IA génératives avec les jeunes, ne jamais les laisser livrés à eux-mêmes devant l’outil.
🔹 Des activités débranchées, comme des jeux de rôle sur les algorithmes, des débats sur la fiabilité des IA ou des enquêtes sur la collecte des données.
Cet équilibre permet aux jeunes de comprendre le fonctionnement de l’IA tout en développant leur esprit critique.
Former les jeunes à l’esprit critique et à l’éducation aux médias
L’un des plus grands défis de l’IA est la désinformation. Un chatbot peut générer des réponses biaisées, une IA de création d’images peut produire des deepfakes, etc. Comment s’assurer que les jeunes ne prennent pas tout pour argent comptant ?
Les éducateurs ont un rôle clé à jouer :
✔️ Apprendre aux jeunes à questionner les résultats d’une IA : d’où vient cette information ? Qui l’a générée ?
✔️ Montrer les biais existants et comment l’IA peut reproduire des stéréotypes.
✔️ Encourager la vérification des sources, un réflexe essentiel à l’ère numérique.
Loin d’être un danger, l’IA peut devenir un outil puissant pour les jeunes, à condition d’être utilisée de manière éclairée. Encadrement, sensibilisation et esprit critique sont les clés d’une utilisation responsable et bénéfique.

Conclusion
En Belgique, ces deux règlements se complètent pour assurer une protection renforcée des mineurs dans le contexte numérique. Le RGPD garantit que les données personnelles des mineurs soient traitées de manière appropriée, en exigeant un consentement parental pour les moins de 13 ans. Parallèlement, l’AI Act veille à ce que les systèmes d’IA ne tirent pas parti des vulnérabilités des mineurs, protégeant ainsi leur bien-être et leurs droits fondamentaux. Ainsi, en principe, un enfant de moins de 13 ans ne peut utiliser l’IA sans l’accord de ses tuteurs légaux en raison de l’utilisation par les IA de ses données personnelles. Toutefois, grâce aux conseils pratiques fournis, une Maison de Jeunes peut envisager d’organiser une activité intégrant l’IA avec des participants de moins de 13 ans.
Si vous désirez en apprendre davantage sur l’IA, son fonctionnement mais que vous vous questionnez également sur comment mieux l’appréhender et comment éduquer les jeunes à une utilisation plus inclusive et éthique, n’hésitez pas à parcourir nos ressources sur l’IA présentes sur nos sites Diversi’Clic et #diversitY.X ou contactez notre équipe pour en savoir davantage.